Événement

L’ÂME DES OBJETS

Mons la girafe. © Iryna Derkach

 

Le printemps marque le retour du festival Marto pour sa 26e édition du 13 au 29 mars dans dix lieux partenaires.

Le festival Marto, dédié aux objets animés et marionnettes manipulées dans l’espace du spectacle vivant, confirme d’année en année que les objets inanimés ont une âme. En un quart de siècle, il a démontré qu’au-delà de Guignol, les poupées de chiffon et de papier mâché s’adressent à quantité de publics aux attentes différentes et de toutes les générations. Prenons quelques exemples parmi les 18 rendez-vous de la saison dans 10 lieux – puisque désormais Le Beffroi de Montrouge a rejoint les scènes historiques du sud du département. Mons la girafe, d’Oleg Mykhaylov mis en scène par Oksana Dmitrieva, nous vient de Kharkiv en Ukraine et touche aux émotions poignantes d’un pays en temps de guerre. Sous le titre Comment construire un univers qui ne s’effondre pas en deux jours, la création de Raquel Silva nous ouvre aux vertiges de l’écrivain Philip K. Dick. Quant à Trust Me for a While de la Norvégienne Yngvild Aspeli, c’est l’intrusion dans l’univers de la marionnette des frissons du film d’horreur ! Avec trois spectacles dont une création, « l’inventeur d’univers » Ézéquiel Garcia-Romeu tient le rôle de figure tutélaire de l’édition, et les tout-petits ne sont pas oubliés grâce à Petit un d’Aurélie Gourvès et Grain de sable d’Anne Blon et Marie Naud.

www.festivalmarto.com

Multimédia

LA VOIX DES FEMMES

© DR

 

Dans la saison thématique À l’écoute de l’invisible, le SeineLab de La Seine Musicale s’intéresse à faire revenir dans la lumière les compositrices que la mémoire collective a estompées. L’installation Un orchestre à soi, de Léa Chevrier et Laureline Amanieux, s’articule autour d’une œuvre électroacoustique spatialisée qui fait entendre les chants, effacés puis retrouvés, d’une trentaine de compositrices du XIIe au XXe siècle ; un karaoké nous autorise même à en augmenter l’espace sonore. Une websérie documente la vie et l’œuvre de huit d’entre elles et des bornes d’écoute rajoutent à la spécificité départementale de l’installation, en diffusant des œuvres au féminin interprétées par Insula orchestra et l’Académie Jaroussky. Jusqu’au 16 mai du mercredi au samedi soir, en accès libre. 

www.laseinemusicale.com/seinelab

 

Peinture

LAQUE ET LAOS

Sur la rive. © Alix Ayme

 

Découverte à la Maison des Arts d’Antony de l’Indochine métissée d’art occidental vue par la peintre Alix Aymé (1894-1989). Jusqu’au 19 avril.

Au premier regard, on croit rencontrer Gauguin sur La Voie royale de Malraux… La biographie d’Alix Aymé, née Hava à Marseille, explique le sortilège. Musicienne et dessinatrice également douée, la jeune Alix a d’abord vagabondé à travers le monde sur les traces familiales, avant de se former au dessin aux Ateliers d’art sacré auprès de Maurice Denis, un disciple de Gauguin. En 1920, elle part avec son premier mari pour l’Asie – et spécialement pour ce qu’on appelait alors l’Indochine où l’aventure picturale durera jusqu’en 1945. Avec dans ses bagages l’héritage de Gauguin et des fresques du XIIIe siècle italien, elle visite le Cambodge d’où elle rapporte d’Angkor des gravures sur bois ; au Vietnam, elle enseigne le dessin et apprend l’art difficile de la laque ; au Laos, elle réalisera entre 1929 et 1930 la décoration murale de la salle d’audience du palais royal de Luang Prabang. Elle participe à l’Exposition coloniale de 1931, elle retourne en Indochine en compagnie de son second époux, l’officier Georges Aymé – le frère de l’écrivain– avant que l’occupation japonaise ne brise le miroir de l’apparente douceur des choses. Alix Aymé ne cessera de peindre ni de voyager, mais l’Indochine demeure son jardin des délices. 

www.maisondesarts-antony.fr

 

Peinture

PÉRIODE VERTE

© Yonghyeon Yang

 

Né à Séoul en 1988, diplômé de l’École supérieure d’Art et Design de Grenoble et aujourd’hui vivant à Ville-d’Avray, Yonghyeon Yang peint à l’acrylique des paysages de nature dans une esthétique qui pourrait rappeler la facture surréaliste du XXe siècle. L’exposition Un instant d’éternité, au Sel de Sèvres du 1er avril au 17 mai, travaille autour d’une éternité qui n’existe pas à notre échelle, sinon par le souvenir des personnes chères qui ont disparu. Elle s’inscrit plus largement dans ce que l’artiste appelle sa « période verte », baignée dans cette couleur si importante dans notre perception et nos références : « Le vert est une couleur
essentielle, celle de la nature, de l’espoir, de la guérison et de l’apaisement
 ». 

sel-sevres.org

 

Littérature et musique

AMOURS TOUJOURS

© DR

 

Une exposition à la Maison de Chateaubriand et un concert-lecture à La Garenne-Colombes éclairent à leur manière les passions du siècle romantique.

C’est chez Chateaubriand, dans sa bibliothèque du domaine départemental de la Vallée-aux-Loups à Châtenay-Malabry, qu’on présente l’exposition-dossier Delphine de Custine, une femme de cœur et d’esprit à l’époque romantique, du 18 mars au 19 juillet. « L’histoire de ses amours avec l’Enchanteur et son éloquente correspondance constituent un superbe exemple de passion romantique digne d’un roman », écrit la Société des amis de Custine qui s’est associée avec la Maison de Chateaubriand pour le bicentenaire de sa disparition. Dans le cadre des Floraisons littéraires, la journée du 11 avril programme conférences et tables rondes ; elle s’achève sur un récital de mélodies et romances avec la soprano Camille Poul et Daniel Isoir au pianoforte.

Au théâtre de La Garenne, le 18 mars, une conversation en musique, commencée il y a quelques années sur le plateau télévisé de La Grande Librairie, se prolonge entre le producteur de l’émission François Busnel, passeur de littérature, et la pianiste Claire-Marie Le Guay, elle aussi dévouée à faire entendre son art au plus grand nombre. Leur concert-lecture Au temps des romantiques égrène des compositions de Chopin, Liszt – dont la pianiste est une interprète passionnée – et quelques autres, tout en feuilletant des pages de Balzac, Flaubert et, peut-être, Chateaubriand. 

vallee-aux-loups.hauts-de-seine.fr
www.lagarennecolombes.fr

 

Métiers d’art 

CŒURS À L’OUVRAGE

© JAD

 

La thématique choisie cette année pour les JEMA (Journées européennes des métiers d’art) semble avoir été imaginée pour le JAD (Jardin des métiers d’Art et du Design). En conviant chacun d’entre nous à « prendre part à ce patrimoine vivant et à devenir acteur de sa pérennisation et de son renouvellement », bref, à avoir du « cœur à l’ouvrage », les JEMA s’inscrivent exactement dans le projet départemental installé à Sèvres. Le programme des journées du 11 et du 12 avril comprendra, entre autres, une visite architecturale du lieu avec gros plan sur les éléments patrimoniaux, des démonstrations du MakerLab et un accueil façon portes ouvertes dans les ateliers des artisans et designers.

le-jad.fr

Latino

CLASSIQUE ET POPULAIRE

Formation Yare. © DR
 

Les 33e Rencontres internationales de la guitare se tiennent à Antony du 25 au 29 mars.

Tous genres confondus, la guitare est l’instrument de musique le plus joué au monde, ce qui explique le constant succès populaire des événements culturels qui lui sont liés. À Antony, les Rencontres s’organisent autour des concerts, d’une soirée festive et du Concours international dont la première édition eut lieu en l’an 2000. En finale et en public au conservatoire Darius-Milhaud d’une épreuve qui est aussi un moment de révélation des talents – y furent entre autres primés Thibault Cauvin et Antoine Morinière –, les candidats jouent une œuvre écrite spécialement par un compositeur d’aujourd’hui ; cette saison, la Brésilienne-Américaine Clarice Assad ajoute son nom à la liste, après son père Sérgio, Roland Dyens ou Leo Brouwer. Le Brésil est à l’honneur avec, dès le concert d’ouverture à l’Espace Vasarely, la création par les élèves des conservatoires d’Antony, Bourg-la-Reine, Châtenay, Clamart et des environs d’un Hommage à Darius Milhaud composé par le Brésilien Lucas Telles. Le lendemain, soirée cabaret sous le signe historique de L’Escale, bar latino-américain très en vogue à Paris dans les années 1960. Au théâtre Firmin-Gémier / Patrick-Devedjian, si le concert de clôture du duo Zoran Dukić et Aniello Desiderio est d’inspiration latine, celui de la veille invite à un voyage brésilien, de Salvador à Rio. 

www.ville-antony.fr

 

Aéronautique

LÀ-HAUT DANS LES NUAGES

© Arnaud Bertereau

 

Le musée des Avelines à Saint-Cloud – l’une des villes de la conquête du ciel dans notre département – nous expédie tête en l’air avec une spectaculaire exposition : Saint-Cloud dans les nuages, une aventure aéronautique (jusqu’au 5 juillet). Des aérostats à la modernité du XXIe siècle, la scénographie s’inspire des « merveilleux nuages » pour nous élever au-dessus du « plancher des vaches » – ainsi la Demoiselle, machine volante de Santos-Dumont, est-elle suspendue dans l’atrium du musée. Il est aussi question de célébrer la beauté cachée des inventions techniques, par leur interprétation dans les œuvres d’art et, plus encore, par leurs propres qualités de forme et de matière qui font d’un moteur d’avion une sculpture digne des beaux-arts. 

www.musee-saintcloud.fr

 

Plein air

PRINTEMPS ROSE ET BLANC

CD92/Olivier Ravoire

 

Du 4 au 19 avril, le Domaine de Sceaux, parc et musée départementaux, se met à l’heure japonaise pour la fête du Hanami, la floraison des cerisiers, aussi spectaculaire que fragile.

Que l’on vienne de Sceaux ou de Châtenay-Malabry, le printemps nous attend à l’ouest du grand canal, de part et d’autre de la plaine de Châtenay. Cerisiers roses sakuras du bosquet nord, merisiers blancs dits « cerisiers des oiseaux » du bosquet sud, ils forment depuis leur plantation dans les années 1930 la plus grande floraison de cerisiers d’ornements de la région. La météo est surveillée ici comme au Japon pour en saisir l’instant exact, mais les activités et festivités se déploient tout au long des deux semaines : parades aux cerfs-volants, contes japonais traditionnels, spectacle itinérant de la Forêt de printemps, concerts de tambours taïko, jusqu’à l’installation d’un sakura de papier dans le grand salon du château par l’artiste origamiste Charles Macaire. « Sous les fleurs de cerisiers / grouille et fourmille / l’humanité », écrivait il y a deux siècles le maître du haïku Kobayashi Issa, et l’image n’est pas que poétique : la saison dernière, « regarder les fleurs » (hanami en japonais) attirait ici un demi-million de personnes… Or des signes inquiétants de fragilisation de ce trésor départemental ont contraint à imposer cette année une réservation obligatoire pour accéder aux pelouses. 

domaine-de-sceaux.hauts-de-seine.fr

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