L’assemblée départementale a adopté le 10 avril son budget 2026. En dépit de recettes atones et de la hausse des dépenses non pilotables, le Département continue d’agir auprès des Alto-Séquanais les plus fragiles et d’investir pour la jeunesse, le cadre de vie et les mobilités.
Par Pauline Vinatier
La plus grande prudence aura présidé à l’élaboration de ce budget 2026, tributaire comme les précédents de la conjoncture économique et des décisions de l’État. « Le contexte géopolitique pourrait avoir des conséquences sur le coût de l’énergie, l’inflation et les taux d’intérêts », avertit Georges Siffredi, président du Département. La reprise mesurée des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), seul impôt territorial majeur lié aux transactions immobilières, se trouve contrebalancée par la baisse des fractions de la TVA et par la chute continue des dotations de l’État. Depuis 2014, explique Pierre-Christophe Baguet, premier vice-président chargé des finances et du budget, « la baisse de la dotation globale de fonctionnement a conduit à un manque à gagner cumulé de 1,9 Md€, soit plus d’une année de nos dépenses de fonctionnement ! » Or celles-ci sont tirées par la hausse des dépenses non pilotables dans le domaine des solidarités qui franchissent à nouveau le cap du milliard d’euros (1 065 M€, soit + 3,1 %). À cet écart persistant, jugé « intenable », s’ajoute le poids considérable de la péréquation vers les autres collectivités pour près de 400 M€, avec une ponction de 22 M€ pour le DiLiCo 2, dispositif de lissage « conjoncturel » mais reconduit pour un an, dont les Hauts-de-Seine sont, en 2026, les premiers contributeurs devant Paris. « Les collectivités locales continuent d’être vues comme une variable d’ajustement pour assumer l’effort national de réduction des dépenses publiques », constate Georges Siffredi.
En tout état de cause et « face à une aggravation de la précarité », le Département réaffirme son rôle d’acteur principal de proximité auprès des Alto-Séquanais, en consacrant 62 % de son budget de fonctionnement aux solidarités. Plus du tiers de cette somme va aux allocations individuelles de solidarités – revenu de solidarité active, allocation personnalisée d’autonomie et prestation de compensation du handicap, dont les revalorisations pour près de 50 M€ sur un an sont « un gain pour les publics les plus fragiles » mais induisent « un coût supplémentaire, en l’absence de mécanisme de compensation ». Les services du quotidien dans le champ de la protection de l’enfance (248,3 M€), de l’accompagnement personnalisé des allocataires du RSA (214 M€), de l’autonomie des personnes en situation de handicap (246,2 M€) et des personnes âgées (169,4 M€) sont maintenus avec un niveau d’ambition élevé, tout comme les crédits pour le fonctionnement des collèges et de la restauration scolaire, pour les projets pédagogiques et citoyens (124 M€), ainsi que pour la culture et le sport (95 M€).
QUALITÉ DE VIE
Une gestion rigoureuse permet à la collectivité de maintenir un niveau élevé d’investissement pour un emprunt limité (297,4 M€ contre 363,7 M€ l’an passé). « Le Département des Hauts-de-Seine n’est pas et ne sera jamais un opérateur de l’État : il est une collectivité territoriale dont les représentants sont démocratiquement élus pour mener à bien un projet et faire des choix courageux, comme nous le faisons en 2026 », poursuit M. Siffredi. À commencer par assurer l’avenir de la jeunesse, avec six collèges construits ou réhabilités pour 82 M€, dont Gustave-Eiffel à Châtenay-Malabry, Charlotte-Delbo à Malakoff, et Claude-Nicolas-Ledoux au Plessis-Robinson livrés cette année. 2026 verra aussi se poursuivre les travaux dans les Pôles sociaux (6,1 M€) et, dans le domaine de la protection de l’enfance, ceux de la Maison de l’Avenir à Nanterre (7,8 M€), du Foyer d’accueil des Fratries à Rueil-Malmaison (3,5 M€) et de l’IME de Villeneuve-la-Garenne (2 M€).
le département des hauts-de-seine n’est pas et ne sera jamais un opérateur de l’état
Du sport à la culture, les deux grands projets en cours, le complexe aquatique de la Grenouillère (21,9 M€) en bordure du domaine départemental de Sceaux et le musée du Grand Siècle à Saint-Cloud (32,6 M€), contribuent à la qualité de vie dans un environnement urbain dense. Ils complètent les 14,3 M€ investis pour developper le réseau de parcs et jardins avec, à l’été, le déploiement d’une nouvelle Stratégie Nature 2026-2030. Le Département agit aussi pour des mobilités durables et apaisées (145,8 M€) à travers son Plan Vélo, ses opérations de transports en commun (50 M€) et de voirie, dont l’emblématique projet Cœur & Seine, alors que la modernisation de l’échangeur de la Manufacture de Sèvres entre dans une phase décisive. « L’objectif est de redessiner les déplacements à pied, à vélo, en transports et motorisés pour remettre le fleuve au cœur du cadre de vie et d’apaiser la circulation », précise le président du Département. Enfin, le Département maintient un soutien fort à ses 36 communes, tant pour leurs actions de politique de la ville (5,9 M€) que pour leurs projets municipaux structurants dans le cadre des contrats de développement (26 M€ en fonctionnement, 71,3 M€ en investissement). « À la nécessité d’apporter du soutien et des services publics indispensables, ce budget ajoute l’inscription dans une vision qui permettra de doter le territoire d’équipements et d’infrastructures qui renforceront son attractivité et sa durabilité », conclut le président du Département.
