CD92/Olivier Ravoire
Posté dans HANDICAP

UN NOUVEAU CAP POUR LA MDPH

Mi-avril, la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) s’est installée au pôle Léonard-de-Vinci, à La Défense. Ce nouvel accueil plus moderne et plus chaleureux participe au « plan de remédiation » mis en œuvre pour sortir des difficultés structurelles.

Par Nicolas Gomont

 

 

«MDPH ». Quatre lettres pour un acronyme qui,  depuis le 14 avril et son ouverture au public dans de nouveaux locaux, pourrait se traduire par : Moderne. Dédié. Proche. Humain. L’annonce faite d’un « passage de témoin » entre Nanterre et Courbevoie (voir HDS n°10), restait à négocier le « virage de l’accueil ». Missionnés par le Département, des experts rompus à l’architecture médico-sociale ont livré, en étroite coopération avec les équipes, ce site emprunt de sérénité, autrement plus moderne et convivial que le précédent, devenu exigu et inadapté. « L’installation dans de nouveaux locaux constitue un signal fort de notre engagement pour la MDPH et ses usagers, souligne le président Georges Siffredi. Ceux-ci doivent pouvoir vivre en autonomie, participer pleinement à la vie sociale et accéder équitablement aux services publics, dont, en premier lieu, la MDPH. »

Cette institution, née en 2005 de la « loi handicap », joue en effet au sein du réseau d’accès aux droits le premier rôle. Quelque 8 % de la population du Département y a recours pour cause de situation de handicap(s) physique, sensoriel, mental, cognitif, psychique, de polyhandicap ou de troubles de santé invalidants… Devant la diversité des cas, l’offre départementale est ainsi globale et personnalisée : octroi d’une allocation (AAH, AEEH ou PCH), avis sur la carte « mobilité inclusion », aménagement du logement ou du poste de travail, accompagnement scolaire… Sans oublier la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.

 

Le président Georges Siffredi inaugurant la nouvelle MDPH, jeudi 16 avril, aux côtés de sa directrice Thi Tran.© CD92/Olivier Ravoire

ACCUEILS TERRITORIALISÉS

En prenant ses quartiers à Courbevoie, au pôle Léonard-de-Vinci près de la Grande Arche de La Défense, la MDPH a gagné au passage en accessibilité, alors même qu’elle se trouve, chaque année plus sollicitée. « Ce déménagement, souligne Véronique Bergerol, conseillère départementale déléguée au handicap, n’est qu’un des volets du plan de remédiation, beaucoup plus large, devant répondre à une année 2025 particulièrement difficile, je pense aux délais de traitement notamment. » Ces délais, accentués par la cyberattaque de mai 2025 ont également des causes structurelles : difficultés de recrutement de médecins pour assurer l’évaluation des dossiers, vieillissement de la population (un Alto-Séquanais sur quatre aura plus de 60 ans en 2030…), meilleurs diagnostic et reconnaissance des troubles du neurodéveloppement, progrès des droits induisant une complexité administrative accrue, etc. « Nous avons d’ores et déjà renforcé l’accessibilité du service, avec un accueil téléphonique spécialisé, précise Mme Bergerol. Dans un esprit de proximité, nous déploierons, progressivement d’ici la fin de l’année, un accueil MDPH de premier niveau dans l’ensemble de nos Services des solidarités territoriales, en complément de la Caravane Solidaire, à même d’accueillir, et d’initier des démarches au plus près des habitants. En vue d’accélérer le traitement des dossiers, nous recourrons aussi à deux prestataires pour traiter les demandes en attente, et simplifierons les procédures, dans le cas d’un simple renouvellement des droits, par exemple. » Une mise en oeuvre, dont les effets s’inscriront nécessairement dans la durée. La contraction des délais administratifs passera aussi par l’innovation, et un recours « prochain », à titre expérimental, à l’intelligence artificielle, même si rien ne remplacera jamais le contact humain. La « priorité absolue » reste donc le renforcement des équipes, en particulier de médecins. « C’est un enjeu central, confirme la conseillère départementale, c’est pourquoi une revalorisation salariale a été mise en œuvre. Elle place notre grille de salaires au plafond de ce que la loi permet. »

 

LA PRIORITÉ ABSOLUE RESTE LE RENFORCEMENT DES ÉQUIPES, EN PARTICULIER DE MÉDECINS

 

Plus lumineux, plus chaleureux, les espaces d’accueil ont été aménagés en collaboration avec des experts du bâti médico-social.© CD92/Olivier Ravoire

AIDER LES AIDANTS

L’inclusion, ce principe transversal, irrigue l’ensemble des actions départementales. Tout débute à l’école, aux côtés de l’Éducation nationale, à travers les classes Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire), l’équipement en outils numériques adaptés ou le soutien aux associations qui assurent l’impérieuse continuité des parcours scolaires. Ce qui se prolonge dans l’accès à la culture, au sport et à la vie sociale. « Nous veillons ainsi à rendre nos programmes accessibles, tout en proposant des dispositifs spécifiques : ateliers artistiques, parcours culturels adaptés, activités sportives dédiées », souligne Véronique Bergerol. Jusqu’à la perte ou l’aggravation de la perte d’autonomie due au vieillissement.
« Vivre chez soi quitte à changer de chez soi » ou « vivre chez soi, sans être seul », tels sont les souhaits des principaux concernés. En vue de combler leurs attentes, le Département, déjà chargé du versement de la prestation de compensation du handicap (PCH), favorise l’émergence de solutions nouvelles. Adaptation des logements, renfort des services d’aide à domicile, missions de lutte contre l’isolement participent à la concrétisation d’un autre virage, « domiciliaire » celui-là. « Nous sommes particulièrement attentifs aux aidants, souligne Georges Siffredi, avec le développement de solutions de répit à Issy-les-Moulineaux pour les personnes porteuses de maladies neuro-dégénératives et dans la future Maison de Répit, à Boulogne-Billancourt. » Si le maintien à domicile n’est plus possible, des alternatives existent, favorisées par le Département. Cela passe par le soutien à l’habitat inclusif, qui offre un cadre de vie autonome, assorti d’espaces partagés, mais aussi par la création de places – 110 rien qu’en 2025 – en établissements spécialisés, en lien avec l’Agence régionale de santé (Plan Inclus’IF 2030). Des actions coordonnées entre les parties prenantes par le Service public départemental de l’autonomie (SPDA), associant une multitude d’acteurs : MDPH, CAF, ARS, CPAM, État, communes, associations…

 

LA MISE EN ACCESSIBILITÉ DES BÂTIMENTS SE POURSUIT

Ad’AP. Sous cette dénomination, se cache l’Agenda d’accessibilité programmée qui dresse les projets à venir de mise en accessibilité des établissements recevant du public. En la matière, l’effort est soutenu dans les Hauts-de-Seine, avec près de 4 M€ investis en 2025 grâce auxquels onze établissements ont été rendus inclusifs. Des interventions sont en cours sur trente-cinq autres, dont vingt-deux collèges, tandis que quatorze font déjà l’objet d’études et de demandes d’autorisation d’installations d’ascenseurs et d’élévateurs PMR (personnes à mobilité réduite), des réalisations parfois complexes dans le bâti existant. Fin 2025, près de 70 % des ERP départementaux étaient accessibles, dont le château de Sceaux ou le musée Albert-Kahn, par ailleurs engagés dans la démarche de labellisation « tourisme et handicap ».

Les commentaires sont fermés.