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DES COLLÈGES INNOVANTS POUR PRÉPARER L'AVENIR

Après le collège Gustave-Eiffel de Châtenay-Malabry au mois de mars, deux nouveaux établissements accueillent les élèves à la rentrée : Claude-Nicolas Ledoux, au Plessis-Robinson, et Charlotte-Delbo, à Malakoff. Des équipements innovants qui associent confort, qualité architecturale et adaptation aux défis de la transition écologique.  Avec pour objectif de créer un environnement agréable et propice aux apprentissages.

Par Nicolas Gomont et Pauline Vinatier

 

 

 

 

FENÊTRE SUR ÎLOT VERT

Gustave-Eiffel, Châtenay-Malabry

Pour se mettre au vert, oubliez l’école buissonnière. Au pied des salles de classe, cette cour aurait de quoi rivaliser avec n’importe quel petit parc : vaste tapis vert (231 m2), fraîches étendues de copeaux (381 m2), mobiliers propices à la mixité, terrain à usage sportif – handball, basket – en béton drainant (1 375 m2), etc.
Le patio ad hoc circonvenu par une galerie-préau de Gustave-Eiffel est un « îlot vert » ; une quinzaine comme celui-ci a germé depuis le projet pilote de Jean-Macé, à Clichy, en 2020-2021. La visée, outre ses bienfaits climatiques, est un partage plus inclusif des surfaces ainsi (ré)aménagées. À cette fin, ses usagers, en premier lieu desquels les élèves, se voient associés au choix des équipements. Labellisé BiodiverCity, Gustave-Eiffel affiche un taux de terres non bâties de 42 %.
Photo : CD92/Willy Labre

HARMONIE COMPACTE

Charlotte-Delbo, Malakoff

Depuis le parvis intérieur, un escalier mène aux espaces de vie du rez-de-jardin, distribués autour d’un patio générateur de lumière. Dans sa continuité, la cour îlot vert et, au-delà, le parc Léon-Salagnac, qui dispense un environnement d’une grande douceur. Des lames en béton architectonique, recoupées par les brise-soleil horizontaux, scandent chaque pan de façade. L’insertion dans une parcelle resserrée, le long du boulevard Stalingrad, était l’un des défis du projet. « Le niveau d’assiette se trouvait à trois mètres en contrebas du boulevard, où se trouvent tous les accès, ce qui nous a amenés à imaginer des solutions pour exploiter tous les niveaux », explique Frédéric Gadan, architecte associé. L’ensemble se veut compact, rationnel et pérenne. « Nous aimons quand le fonctionnement et la forme se répondent. »

Photo : CD92/Olivier Ravoire

BRIQUES DE DÉCOFFRAGE

Gustave-Eiffel, Châtenay-Malabry

Avant LaVallée était l’École centrale, déplacée à Paris-Saclay en 2015. Alors que le nouvel écoquartier s’affirme résidentiel, sa vocation historique est demeurée intacte autour de son « Triangle d’or » que forment Les Papillons, Voltaire – respectivement, une crèche et un groupe scolaire – et ce collège, au droit de la Grande Voie des Vignes et du Cours du Commerce…
Gustave Eiffel était centralien, aussi le remplaçant de Pierre-Brossolette a-t-il pris son nom. Tout de briques vêtu – moulées à l’eau, un atout thermique –, ce « collège 700 » pour 700 places est bardé d’isolants naturels : laine de bois, fibre de chanvre, coton et lin ; un gage de confort été comme hiver. Ce soin du détail l’a disputé à son insertion dans le paysage, où, compact, le bâti se coule dans cette parcelle en pente douce vers le Domaine départemental de Sceaux, un site classé.

Photo : CD92/Willy Labre

ROBINSONNADE

Claude-Nicolas-Ledoux, Le Plessis-Robinson

À l’emplacement d’anciens terrains de tennis, en bordure du Parc des Sports du Plessis-Robinson, se dresse l’un des premiers équipements publics du nouveau quartier Noveos. La façade, arborant une large palette de composition, antidote à la monotonie, entre en résonance avec l’architecture d’inspiration classique qui donne son unité au bâti environnant. Le collège a d’ailleurs été baptisé en hommage à l’un des fondateurs du mouvement néo-classique au XVIIIe siècle. Accessible par une sente depuis l’avenue Paul-Langevin et le tramway T10, il décline l’urbanisme doux propre au « modèle robinsonnais », entre espaces verts et cheminements piétonniers.

Photo : CD92/Stéphanie Gutierrez-Ortéga

GESTE COLLÉGIENNE

Claude-Nicolas-Ledoux, Le Plessis-Robinson

Musicien, skateur, bibliophile, joueur de rugby – pour le moins incontournable dans l’un des fiefs du Racing 92 –, parasportif porteur d’un message d’inclusion… Sur ces hauts-reliefs, les collégiens se montrent dans tous leurs états. « Ces fresques ont été dessinées avec le concours d’artistes. Elles ont ensuite été moulées dans de la terre avant d’être transposées dans du béton fibré », relate l’architecte Marc Farcy, pour qui ces façades se caractérisent par « l’attention portée aux détails ». « La tendance Art déco, riche en statuaire, vitraux et fresques, présente dans des édifices remarquables du Plessis et ses environs, a été pour nous très inspirante. »

Photo : CD92/Stéphanie Gutierrez-Ortéga

DÉCOR À L’ANTIQUE

Claude-Nicolas-Ledoux, Le Plessis-Robinson

Ce nouveau « temple du savoir » possède son péristyle. Les colonnes blanches, flanquées de bas-reliefs, rythment le préau et donnent un soubassement général au bâtiment d’enseignement en forme de L, reliant entre elles les différentes zones et fonctions. Au rez-de-chaussée, l’accueil, la vie scolaire ou l’infirmerie, au premier étage, l’administration, le centre de documentation et d’information et la plupart des salles de classe, au second, les salles spécialisées (arts plastiques, musique, sciences…). En cas d’intempéries, les élèves circulent à l’abri de cette élégante galerie-préau.

Photo : CD92/Stéphanie Gutierrez-Ortéga

RESPECT DES LIMITES

Charlotte-Delbo, Malakoff

Les frondaisons anciennes du parc Salagnac viennent taquiner par endroit les jeunes façades du collège. Au pourtour court une bande plantée de quatre mètres de large dont la fonction est de ménager les arbres en bordure, dont certains centenaires, tout en créant un « espace tampon » entre l’établissement et les promeneurs. « Il fallait prendre en compte le fait que la cour et le rez-de-jardin se situent cinquante centimètres en dessous du niveau du terrain naturel du parc, précise Frédéric Gadan. Introduire cette bande protectrice nous a permis de préserver des racines que l’on aurait coupées si l’on avait creusé directement à la limite entre le collège et le parc. »

Photo : CD92/Stéphanie Gutierrez-Ortéga

BLEU ÉLECTRIQUE

Gustave-Eiffel, Châtenay-Malabry

Qu’énonçait Lavoisier, déjà ? : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Qu’elles participent au mix énergétique du collège ou la réinjectent sur le réseau externe, les cellules photovoltaïques transforment les surfaces techniques inusitées en électricité. À eux seuls et à raison de 41,9 MWh/an, ces 250 m2 produisent de quoi alimenter, en France, une dizaine de foyers. Comme ici (c’est vrai aussi à Charlotte-Delbo), la toiture fournit en général l’opportunité technique d’un tel projet.

Photo : CD92/Willy Labre

BÂTIMENT AIMABLE

Charlotte-Delbo, Malakoff

Privilège rare, une partie des salles de classe donnent, au deuxième étage, sur cette « toundra fleurie ». Bénéficiant d’une épaisseur de terre conséquente, les végétaux, arrosés à chaque pluie, sont quasiment « autonomes ». Cette seconde terrasse est plus basse que celle qui la surplombe, parée de panneaux photovoltaïques, ce qui participe à l’insertion urbaine du projet : « Le collège étant assez bas, les riverains de la rue Hoche ont une vue plongeante sur ces toitures végétalisées, indique Frédéric Gadan. En s’inclinant, et en offrant à la vue ces terrasses, qui constituent sa cinquième façade, le bâtiment leur fait une amabilité ! »

Photo : CD92/Olivier Ravoire

PARTOUT, LA NATURE

Gustave-Eiffel, Châtenay-Malabry

Outre sa cour « îlot vert », le bâtiment d’enseignement présente des toitures végétalisées, dont l’une est support de ce jardin pédagogique de 400 m2. Tout au bout, la zone de culture potagère se dédie à la classe Ulis (Unité localisée d’inclusion scolaire, NDLR) et à ses besoins particuliers. De par son milieu spécifique (hors-sol, plein soleil et vent), le choix a été fait pour ce jardin d’un semi de prairie sèche, alternance d’arbustes aromatiques, vivaces et graminées d’essences robustes et méditerranéennes… Cette « cinquième façade », refuge pour la microfaune, joue également un rôle d’intégration du bâti dans ses parages verdoyants.

Photo : CD92/Willy Labre

FAUNE SCOLAIRE

Claude-Nicolas-Ledoux, Le Plessis-Robinson

Il était une fois, au collège, la biodiversité. Conte heureux des temps modernes, les habitants à plumes de ce chalet des plus coquets côtoient, à chaque récréation, les conciliabules et les jeux des élèves. Avec les années, les jeunes sujets de belle taille de cette cour îlot vert promettent de développer une ombre bienfaisante. Un potager, équipé de bacs de jardinage et d’un composteur, planté de fruitiers, invite dès à présent les nouvelles générations au travail de l’humus nourricier, avec l’aide des lombrics.

Photo : CD92/Stéphanie Gutierrez-Ortéga

CHARPENTÉ

Claude-Nicolas-Ledoux, Le Plessis-Robinson

Dans la trajectoire du ballon, le regard découvre la nef blonde du gymnase et son dessin géométrique. Employé dans les trois nouveaux établissements en des proportions variables, le bois contribue à la réduction de l’empreinte carbone tout en procurant une ambiance chaleureuse. Il est souvent associé, comme ici, à la fibre de bois pour les plafonds. Fabriqué à partir de chutes de bois, cet isolant écologique présente également d’excellentes qualités d’isolation phonique, absorbant aussi bien les bruits d’impact des sportifs que les bruits aériens.

Photo : CD92/Stéphanie Gutierrez-Ortéga

FORCES TELLURIQUES

Charlotte-Delbo, Malakoff

À l’envers du décor, les chaufferies ont changé d’ère. Dans nos trois nouveaux collèges, la majeure partie de l’énergie nécessaire au chauffage et à l’eau chaude sanitaire est fournie par la géothermie. Charlotte-Delbo et Gustave-Eiffel sont raccordés aux réseaux de l’écoquartier LaVallée et de la ville de Malakoff, puisant dans la nappe du Dogger, à plus de 1 500 mètres de profondeur. Claude-Nicolas-Ledoux dispose de son propre circuit de surface. L’hiver, un fluide circule dans des sondes pour collecter, jusqu’à 180 mètres de fond, des calories renvoyées vers une pompe à chaleur. Quand les températures remontent, les calories sont renvoyées dans le sol ce qui rafraîchit, en retour, le bâtiment.

Photo : CD92/Olivier Ravoire

TOUJOURS PLUS HAUT

Charlotte-Delbo, Malakoff

Viser le panier de basket, la lucarne du but, grimper toujours plus haut… À la différence du collège Henri-Wallon dont il prend la suite, Charlotte-Delbo dispose de son propre gymnase. Particularisme malakoffiot, le mur d’escalade de sept mètres de haut, doublé d’un mur de bloc de quatre mètres, qui permet aux débutants de s’exercer en autonomie sans craindre la chute, en retombant sur d’épais tapis. En soirée, associations et clubs sportifs profitent à leur tour de l’équipement, accessible directement depuis le boulevard Stalingrad sans passer par l’intérieur du collège. Sur le même modèle, l’ensemble des nouveaux gymnases sont ainsi mutualisés avec les villes.

Photo : CD92/Olivier Ravoire

EIFFEL, AU TABLEAU !

Gustave-Eiffel, Châtenay-Malabry

Faire la classe entre ses quatre murs : de l’histoire ancienne, dans les nouveaux collèges ! Sous la forme d’un écran tactile ou d’un rétroprojecteur, un « vortex » vers le savoir choisi d’internet et les supports pédagogiques du corps enseignant attise l’attention des élèves, tout en favorisant les innovations pédagogiques.
Au sein des Ulis (Unités localisées pour l’inclusion scolaire), la dotation en équipement conditionne l’épanouissement des élèves à besoins particuliers. D’un calme olympien, tout en étant à proximité des salles de classe, ces « sanctuaires » participent à l’inclusivité de tous les élèves.

Photo : CD92/Willy Labre

DESIGN PÉDAGOGIQUE

Charlotte-Delbo, Malakoff

Plateforme et son armée de tabourets hauts, tables à roulettes emboîtables épousant le contour d’un groupe improvisé, tabourets « hokki » ergonomiques, laissant toute liberté de mouvement, banquettes mettant une touche colorée… Le mobilier, tout comme l’agencement de cette salle interdisciplinaire, au programme des nouveaux établissements, vise à encourager la participation des élèves et les pratiques innovantes. Une cloison amovible permet également de scinder ladite salle, capable d’accueillir deux classes simultanément, en fonction des activités.

Photo : CD92/Olivier Ravoire

CUISINE INTÉGRÉE

Charlotte-Delbo, Malakoff

Jusqu’à deux cents convives sont accueillis simultanément dans ce restaurant tout de bois revêtu, accolé à une cuisine où l’on gère quotidiennement le « coup de feu » pour les satisfaire. À l’image des collèges Claude-Nicolas-Ledoux et Gustave-Eiffel (à partir de janvier 2027), l’établissement dispose de l’arsenal nécessaire à la production sur place, pour des repas de première fraîcheur : chambre froide et espaces de stockage, légumerie et salle de préparation froide, de préparation chaude avec automates de cuisson, sauteuses et fours de maintien en température… sans oublier, bien sûr, le chef cuisinier et son équipe.

Photo : CD92/Olivier Ravoire

COLLÈGE QUI NE MANQUE PAS D’AIR

Gustave-Eiffel, Châtenay-Malabry

Pur et tempéré, l’air reste « transparent » à nos sens. Qu’il en soit ainsi et à l’année, c’est la mission confiée par le Département à la centrale de traitement d’air (CTA) de Gustave-Eiffel. L’enjeu n’est rien de moins que la santé et le confort de son demi-millier d’usagers. De fait, le taux de concentration en CO2 compte parmi les plus scrutés.
Moins énergivore que la climatisation en cas de fortes chaleurs, le rafraîchissement « adiabatique » nocturne de l’air assure à pleine puissance un différentiel de 5 à 10°C entre le dehors et le dedans. Dans l’ancien, toute réhabilitation comporte invariablement un volet thermique. Début 2026, le Département a inventorié avec l’appui du Cerema ses collèges les plus exposés à l’approche de l’été. Le recensement des ouvrants et des occultants dans quatre d’entre eux doit conduire à l’élaboration d’un « plan de gestion et de ventilation nocturne » proposé à tous les établissements.

Photo : CD92/Willy Labre

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