L’eau revêt dans les Hauts-de-Seine de multiples facettes liées entre elles. L’eau de la Seine, colonne vertébrale du territoire que le Département a entrepris, par la réalisation de promenades sur berges, de rendre aux habitants pour leurs pratiques de loisirs et de mobilités douces. L’eau invisible des réseaux d’assainissement, avec leurs kilomètres de canalisations et leurs ouvrages enterrés, dont le Département cherche à réduire les déversements vers les milieux naturels et la Seine pour préserver la ressource. Avec une ambition : permettre la baignade en Seine à Sèvres à l’horizon 2030. L’eau structure, enfin, le paysage des parcs départementaux où les milieux humides, du lac à la plus petite mare, abritent une riche biodiversité et représentent une source de fraîcheur indispensable face au changement climatique.
Par Pauline Vinatier

POUVOIR DES PLANTES
Au Parc départemental du Chemin-de-l’Île, à Nanterre, ces pontons procurent l’impression de « marcher sur l’eau », entre tapis de nénuphars et roseaux. Dans cet espace de nature gagné en 2006 sur une ancienne friche urbaine, l’eau assure une mission écologique habilement mise en scène : pompée dans la Seine par une vis d’Archimède, elle est épurée dans sept bassins filtrants successifs par des plantes aquatiques chargées de fixer les polluants, d’éliminer les bactéries et d’assurer la réoxygénation. Ainsi purifiée, elle s’en va arroser les 16,5 hectares de parc, avant de retourner à la Seine.
Photo : CD92/Julia Brechler

RETROUVAILLES
Prolongement naturel du domaine de Saint-Cloud vers la Seine, l’ancienne friche industrielle de l’Île-de-Monsieur, à Sèvres, s’est muée en 2007 en un parc paysager de 7,6 hectares, intégrant la base nautique départementale ainsi qu’une promenade sur l’ancien chemin de halage, où l’eau tient une place de choix. Un système de bassins, de mares et de noues récupère l’eau de pluie pour restituer en fin de parcours une eau propre en Seine. C’est ici que le Département ambitionne d’implanter, à horizon 2029, une zone de baignade, qui parachèverait les retrouvailles entre les habitants et le fleuve – selon le SIAAP, la Seine affiche la meilleure qualité de l’eau jamais observée depuis plus de 50 ans.
Photo : CD92/Stéphanie Gutierrez-Ortéga

PARC BLEU
À Issy-les-Moulineaux, Sèvres et Meudon, Vallée Rive Gauche a vu, il y a huit ans, le réaménagement de 4,2 kilomètres le long des berges et de la RD 7, soit 20 hectares dont 14 hectares d’espaces verts aujourd’hui très appréciés des promeneurs, cyclistes et coureurs. L’opération est emblématique des efforts du Département pour rendre la Seine aux habitants dans le cadre de son projet de « Parc bleu », relié à la trame verte des parcs et jardins, avec pour ambition ultime un itinéraire continu de 39 kilomètres d’Issy-les-Moulineaux à Rueil-Malmaison. Plusieurs nouveaux aménagements sont ainsi projetés à Courbevoie, Asnières-sur-Seine, Suresnes et Puteaux, Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne. Photo : CD92/Julia Brechler

MÉNAGE FLUVIAL
Le Bélénos, catamaran nettoyeur du Département, tient son nom d’une divinité gauloise associée aux eaux guérisseuses. Désormais équipé d’une motorisation électrique, il navigue depuis 1980 le long des 66 kilomètres de berges alto-séquanaises, chargé de récolter les déchets générés par les orages, les crues ou les incivilités en vue d’améliorer la qualité de l’eau et la biodiversité. Le tapis roulant situé à la poupe du bateau happe les embâcles au fil de l’eau quand la pince à grume permet d’extraire les débris les plus imposants. En 2025, plus de 200 tonnes ont été collectées par l’équipage, dont les deux-tiers ont pu être revalorisées en centre de tri.
Photo : CD92/Stéphanie Gutierrez-Ortéga

JEUX D’EFFLUENCE
Sous les villes des Hauts-de-Seine, un réseau invisible de six cent quarante kilomètres de canalisations transporte les eaux usées, que viennent grossir les eaux de pluie, vers le réseau et les stations d’épuration du syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP). Chaque année, environ 1 % de ce patrimoine, complété par de nombreux ouvrages (déversoirs, stations de pompage, bassins d’orage), fait l’objet de travaux de rénovation pour optimiser le fonctionnement et réduire, autant que possible, les déversements vers le milieu naturel par temps de pluie.
Photo : CD92/Willy Labre

CATHÉDRALE SOUTERRAINE
Lors de forts épisodes orageux, les points les plus bas du territoire sont fortement exposés aux risques d’inondations par débordement du réseau d’assainissement. Avec son diamètre de 40 mètres et sa profondeur de 25 mètres pour une capacité de 23 400 m3 dimensionnée pour une pluie décennale, le bassin géant d’Issy-les-Moulineaux, inauguré en 2018, stocke l’eau puis la restitue dans les canalisations une fois la perturbation passée. Grâce aux ouvrages implantés sur les sites sensibles, les débordements sur la chaussée ont diminué de près de 25 % sur le territoire en quinze ans. Parallèlement, le Département encourage l’infiltration des eaux à la parcelle afin d’éviter que les eaux de pluie ne surchargent son réseau.
Photo : CD92/Willy Labre

AMPHIBIE
Seul un regard exercé ou chanceux saura distinguer cette grenouille dans le décor d’une pièce d’eau, à Nanterre. Les amphibiens recensés au sein des parcs et jardins départementaux, des grenouilles mais aussi diverses espèces de crapauds et de tritons, sont de précieux indicateurs de la qualité des milieux humides et bénéficient d’une gestion comprenant un suivi régulier des populations, de la qualité des habitats et des continuités écologiques pour répondre aux besoins de chaque espèce.
Photo : CD92/Willy Labre

BONNE PÊCHE
Au parc départemental des Chanteraines, après la réfection complète de l’étang des Hautes-Bornes, équipé d’un ponton handipêche, des milliers d’alevins sont venus repeupler le plan d’eau de deux hectares où les amateurs guettent black-bass, carpes, perches, tanches, gardons, rotengles et carassins… À l’origine de cette opération, les associations de pêche assurent également chaque année le repeuplement des étangs, ce qui contribue à la diversité génétique des populations.
Photo : CD92/Willy Labre

JARDIN D’OISEAUX
Sur l’étang des Tilliers, à l’instar d’autres oiseaux aquatiques, le cormoran est chez lui. Le parc départemental des Chanteraines, à Gennevilliers, premier des quatorze sites du territoire labellisé « refuge LPO » par la Ligue pour la protection des oiseaux, dès 2004, est plébiscité par le martin-pêcheur, la grande aigrette, le héron pourpré ou la sterne pierregarin dont il abrite l’unique colonie de Petite Couronne. À partir de 2024, le blongios nain, une espèce protégée, est venue y nicher. Le fruit de deux décennies de restauration écologique pour offrir à ces espèces exigeantes une diversité d’habitats entretenus.
Photo : CD92/Willy Labre

TRAVERSÉE(S)
Chaque automne, des centaines de bateaux composent un spectacle mouvant sur la Seine. Au départ et à l’arrivée de la base nautique départementale de l’Île-de-Monsieur, la Traversée de Paris et des Hauts-de-Seine attire des équipages du monde entier pour une randonnée de 28 kilomètres à la force des bras, la plus longue de France, offrant une perspective unique sur le territoire. Sur le même principe et dans deux déclinaisons, sportive et festive, la TraverSeine est dédiée au canoé-kayak et aux sports de pagaie.
Photo : CD92/Julia Brechler

À LA RAME
À quelques encablures du pont de Sèvres, les marins d’eau douce s’élancent sur la Seine depuis la base nautique départementale de l’Île-de-Monsieur. Aménagé comme un petit port scandinave, avec son hangar à bateaux, sa cale de mise à l’eau et ses pontons en bois, le lieu a été pensé pour les sports non motorisés, de l’aviron au canoé-kayak en passant par la voile, le canotage, le stand-up paddle ou l’aviron vénitien. Il jouxte un parc propice aux loisirs de plein air, entre bois, plage de sable pour le beach-volley et grande pelouse. À l’été, les clubs résidents initient de jeunes Alto-Séquanais à leur discipline dans le cadre de l’opération départementale Vacan’Sports.
Photo : CD92/Olivier Ravoire

ESCALES SOLAIRES
Mise en circulation chaque été par le Département depuis 2023, la navette électro-solaire est un moyen de locomotion qui combine mobilité douce et découverte touristique pour une empreinte carbone réduite. À son bord, jeunes et moins jeunes (re)découvrent les richesses du territoire depuis le fleuve. En 2025, la navette a accueilli plus de 2 000 passagers. Les trois escales de Sèvres (port de Sèvres), Boulogne (port Legrand) et Issy-les-Moulineaux (port Victor), permettent d’accéder facilement, à pied, à des sites d’intérêt patrimonial ainsi qu’à des attractions touristiques.
Photo : CD92/Julia Brechler