TRIBUNES LIBRES

VINGT ANS DE TRAVAIL POUR UNE SOCIÉTÉ INCLUSIVE… ET LE COMBAT CONTINUE !

En ce début d’année, nous célébrons les vingt ans de la Loi Handicap, moment fondateur dans la prise en compte collective des besoins spécifiques de nos concitoyens en situation de handicap, et première étape vers une société plus inclusive, qui donne toute sa place à chacun, quelle que soit sa situation personnelle.

Depuis vingt ans, des progrès indéniables ont été réalisés en matière d’accessibilité des établissements recevant du public et dans les transports ; l’inclusion des enfants handicapés en milieu scolaire ordinaire est devenue une évidence, et le regard du monde de l’entreprise a changé pour une meilleure insertion professionnelle de tous. Les efforts ont été soutenus sur tous les plans, mais il reste encore beaucoup à faire : la mobilisation de tous doit se poursuivre, et notre Département joue pleinement son rôle pour prendre à bras le corps cet enjeu dans l’ensemble de ses politiques publiques.

En 2025, ce sont plus de 228 millions d’euros (soit 12 millions de plus qu’en 2024) que nous allons mobiliser pour l’accompagnement des personnes en situation de handicap et le développement de solutions d’hébergement adaptées. Cela passe d’abord par une politique volontariste pour assurer les conditions permettant aux personnes qui le souhaitent de vivre chez elles. Nous y consacrons près de 100 millions d’euros, dont plus de la moitié pour la prestation de compensation du handicap (PCH) – malgré un niveau de compensation de l’État d’à peine 28%, nettement en deçà des besoins. Nous veillons également à accompagner les Alto-Séquanais les plus fragiles au sein des établissements spécialisés, pour lesquels nous mobilisons 125 millions d’euros. Dans ce cadre, nous nous inscrivons pleinement dans le Plan Inclus’If 2030, en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé, qui a permis de créer 252 places supplémentaires en 2024, avant les 110 nouvelles places prévues en 2025.

Au-delà de cet enjeu décisif de l’hébergement, le Département a mis en place de nombreux dispositifs dans les domaines de l’éducation, de la culture et du sport, pour rendre concrète l’ambition d’une société plus inclusive inscrite dans la loi de 2005. Ainsi, dans nos collèges, nous équipons près de 700 collégiens en classe Ulis de tablettes adaptées proposant des outils d’apprentissage innovants, nous déployons des robots de téléprésence pour éviter les ruptures de scolarité, et nous soutenons des associations mobilisées pour l’inclusion scolaire à hauteur de 374 000 euros par an. Soucieux de rendre la culture et le sport accessible à tous, nous impulsons des programmes structurants adaptés – à l’image du projet NOHa, qui a permis à   4 000 collégiens de participer à une journée de pratique du parasport et d’assister aux épreuves paralympiques de natation à Paris La Défense Arena -, et nous soutenons résolument les clubs engagés dans le parasport.

Pour le long terme, conformément aux engagements de notre Agenda 2030, nous œuvrons à rendre accessibles à tous 100 % des sites départementaux recevant du public, qu’il s’agisse de nos musées, de nos parcs ou des infrastructures accueillant des activités artistiques ou sportives. Nous avons aussi lancé le programme « 100 % de la voirie départementale accessible aux Personnes à Mobilité Réduite (PMR) » visant à supprimer le plus rapidement possible les obstacles qui se présentent dans l’espace public, qui doit pouvoir accueillir tous les habitants et usagers de la même manière.

Au cœur de cette politique départementale pour bâtir une société plus inclusive, la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) joue évidemment un rôle central d’accompagnement et de conseil des personnes handicapées et de leur famille. Avec 36 007 demandeurs en 2024 (contre 31 381 en 2023), elle fait face à une augmentation continue des demandes, et à une complexité croissante des situations à évaluer pour l’ouverture des droits. Comme dans tous les départements de France, en raison de la pénurie de médecins, elle ne parvient malheureusement pas à traiter l’ensemble des demandes dans le délai légal de quatre mois. Conscient des conséquences douloureuses pour les personnes handicapées et leurs proches, le président Georges Siffredi a fait de l’amélioration de ce service une priorité absolue. De nombreuses mesures, telles que le renforcement de l’attractivité des métiers pour attirer les professionnels de santé et la mise en place d’un accueil téléphonique dédié, ont déjà été mises en place pour améliorer l’accès de tous à leurs droits, dans le cadre d’un plan d’action global qui constitue la priorité de notre action en 2025.

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Photo : Julia Brechler

MDPH : LES USAGERS NE DOIVENT PLUS ATTENDRE !

Il y a vingt ans, la loi du 11 février 2005 promettait l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Aujourd’hui, la réalité est tout autre et beaucoup reste à faire pour faire respecter les droits et répondre aux besoins de nos concitoyen.nes en situation de handicap.

La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) est un des rouages fondamentaux des politiques de solidarité du Département, pour les personnes porteuses de handicap et leurs proches. Le travail accompli au quotidien par les agents de ces équipes pluridisciplinaires est précieux et essentiel. Tous les signaux de la MDPH sont pourtant aujourd’hui au rouge, faute de moyens et de personnels suffisants. Les alertes des usagers sur les dysfonctionnements rencontrés nous inquiètent. De trop nombreux habitants témoignent de délais d’attente extrêmement longs pour le traitement de leurs demandes : 12 mois, parfois bien davantage, alors que le délai maximum légal est fixé à 4 mois.

Comment tolérer, dans le département le plus riche de France, que la MDPH soit qualifiée dans la presse de « peut-être la pire de France » (Le Parisien, 4 février 2025) ?

Comme pour les services sociaux territoriaux, la situation critique de la MDPH est la conséquence d’une politique de la droite départementale qui s’est massivement désengagée ces dernières années de la solidarité. Nous l’avons toujours combattue et continuerons de le faire, pour les Alto-Séquanais. Nous exigeons un plan d’urgence pour la MDPH, pour améliorer rapidement les délais de traitement des dossiers et donner les moyens aux personnels de travailler dans des conditions normales. Nous demandons aussi une présence physique accrue de ce service public sur l’ensemble du territoire des Hauts-de-Seine, sous la forme de permanences dans les villes, pour que les temps de parcours ne soient plus un frein au recours aux droits. Les dispositifs d’accueil numérique actuellement développés ne peuvent pas s’y substituer.

La qualité des services publics départementaux d’action sociale et de solidarité est ici en jeu : il est urgent de mettre en place des mesures fortes pour satisfaire pleinement toutes les demandes des personnes en situation de handicap !

Photo : Julia Brechler

VERS UNE CITOYENNETÉ NUMÉRIQUE ACCESSIBLE À TOUS

On n’est curieux qu’à proportion qu’on est instruit » : Jean-Jacques Rousseau posait déjà une remarque qui reste actuelle, dans notre monde empli de désinformation et de méconnaissance des outils modernes d’accès aux savoirs. Les avancées du numérique et de l’intelligence artificielle offrent en effet de nouvelles opportunités mais aussi des possibilités accrues de diffusion de contenus nuisibles, faux ou irrespectueux et un manque de pluralisme dans certains médias.

C’est pourquoi l’année 2025 a été décrétée Année européenne d’accès à la citoyenneté numérique. Belle invitation à intensifier nos efforts, que l’on soit élu, associatif, enseignant, parent, afin que tous, et en particulier les jeunes, puissent bénéficier d’une prise de conscience et de nouveaux savoirs et devenir des citoyens éclairés.

Parmi les objectifs, l’accès égal à une connexion internet, aux services publics en ligne, une plus grande attention à l’égalité femmes/hommes dans la formation et les métiers du numérique ; mais aussi une meilleure attention au droit dans les secteurs d’emploi des travailleurs précaires, en particulier face aux plateformes. Plus que jamais, nous devons veiller à ne laisser personne sur le bord du chemin, à surveiller les technologies et les géants qui dirigent ce secteur par des lois qui incluent éthique et responsabilité. Une taxation et une surveillance attentive de ces grands groupes s’impose. Personne ne devrait avoir à sacrifier ses droits fondamentaux au bénéfice de l’avancée technologique.

Au niveau du Département, des efforts sont faits notamment en direction du public jeune et des seniors. Poursuivons ce travail afin que tous (familles fragiles, personnes souffrant de handicap…) puissent connaître leurs droits et les moyens d’y accéder. Il faut éviter la fracture numérique et rendre concrètement nos services accessibles.  À titre d’exemple, on pourrait compléter le très intéressant dispositif Curious Lab. Des ateliers y sont proposés aux jeunes sur l’égalité et la lutte contre le harcèlement. Cette année européenne pourrait nous inviter à ajouter un nouveau thème aux propositions, celle de la citoyenneté numérique. Des débats déontologiques sur ce thème s’imposent.

Photo : Julia Brechler

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