Plein air

ENVOLE-MOI !

© Samuel Buton

 

Vivez une double expérience acrobatique en immersion dans l’espace de Paris La Défense avec le Collectif XY du 8 au 12 juin.

À la conquête D’autres Mondes, Les Extatiques ont dépassé la forme du festival pour devenir une saison culturelle au cœur du premier quartier d’affaires européen. Après l’exploration au printemps des profondeurs secrètes du site et avant la révélation à l’automne d’un parcours en images imaginé pour le Bicentenaire de la photographie, c’est à une immersion « dans la pleine lumière de la ville » que nous invite le Collectif XY, qui se propose par les moyens de la danse et du cirque « d’alléger le monde autour du geste universel de “porter” ». Pendant cinq jours, poussés par le vent au hasard des quartiers de La Défense, portés les uns les autres et nous avec eux par la puissance virtuose de leurs corps, une vingtaine d’acrobates mains vides et sans subterfuges construisent Les Voyages, une « architecture sensible » et en mouvement à la rencontre de l’habitant et de l’usager, créée pour l’espace public, le plein air et ceux qui le traversent. Le mardi 9 juin (à 12 h 30 et 18 h), au pied des marches de la Grande Arche, place à la poésie de Möbius, pièce acrobatique imaginée par XY en collaboration avec le chorégraphe Rachid Ouramdane, ode au vivant et au vertige du vol des oiseaux. 

archie.parisladefense.com

Exposition

ABEILLES OUVRIÈRES

© Marianne Guillou

 

Sous le titre Cire(s), la Maison des Arts de Châtillon honore jusqu’au 21 juin la matière naturelle dont trois plasticiennes font leur miel… Marianne Guillou vient des Beaux-Arts de Rennes et de l’apiculture écologique : chez elle, tout est hexagone, textures douces et transparences délicates. La cire d’abeille revêt chez Véronique Roca l’apparence des visages et des figures ; à la manière des cires anatomiques dont le XVIIIe siècle a fait école d’art et de médecine, elle modèle masques étranges, bouches facétieuses, morceaux de chair blonde. Il y a dans les empreintes et les moulages de Mona Oren – prix Liliane-Bettencourt 2018 pour l’intelligence de la main – un esprit de minimalisme fragile dont la cire sert naturellement les formes froissées et les couleurs iridescentes. 

www.maisondesartschatillon.fr

 

Littérature

L’IMAGINATION EST RICHE, ABONDANTE ET MERVEILLEUSE…

© DR

 

Première édition du nouveau festival littéraire, À l’ombre de Chateaubriand, initié par le Département au sein de la maison patrimoniale de l’écrivain, du 5 au 7 juin.

Sous la présidence d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre, prix Renaudot 2025 pour Je voulais vivre, portrait panache de la Milady des Trois Mousquetaires, le festival – soutenu par la Fondation Jan-Michalski – est animé par la journaliste littéraire Marie-Madeleine Rigopoulos. Il s’ouvre par une journée dédiée aux collégiens en compagnie de deux grandes signatures de la littérature jeunesse, mère et fille, Marie-Aude Murail et Constance Robert-Murail. S’ensuit un samedi de rencontres et dédicaces, en partenariat avec la librairie parisienne Le Parchemin, où écrivains et écrivaines – parmi lesquelles Alice Ferney, Sarah Chiche, Léonor de Récondo ou Olivia Gesbert – débattront des thèmes chers au maître des lieux : le romanesque, l’intime, l’histoire… Après-midi en famille le dimanche – à l’ombre des vieux arbres chéris par Chateaubriand et du foodtruck présent tout le week-end – avec l’autrice et scénariste Clémence Madeleine-Perdrillat (En Thérapie, Les Gouttes de Dieu) et l’illustratrice jeunesse Marianne Barcilon (Nina). Bruissement des feuilles et deux concerts au programme : les danses sur instruments anciens de l’ensemble The Curious Bards (samedi à 19 h), les charmes exotiques et volatiles des Chanteurs d’oiseaux (dimanche à 18 h). 

vallee-aux-loups.hauts-de-seine.fr

 

Exposition

LA JOIE DES COULEURS

© Eugénie Modai, Alain, 2021, laque de cellulose, laiton.

 

Au premier regard, ce sont d’abord les couleurs qui nous éclatent au visage : laques vives, reflets brillants, palette saturée des dessins d’enfance. À moins que, d’enfance également, il soit surtout question de formes simples, comme découpées aux ciseaux à bouts ronds, qui peuplent le jardin des merveilles de la cour des petits… Ça tombe bien, l’exposition d’Eugénie Modai à la Maison des Arts d’Antony s’intitule Voyage dans la cour des Merveilles. Installations, tableaux et sculptures de cette ancienne opticienne qui recycle les matières dont on fait, entre autres, les montures de lunettes regardent le monde de l’enfance et le cycle de la nature à travers le prisme de la lumière. Exposition joyeuse sous le soleil estival jusqu’au 19 juillet. 

www.maisondesarts-antony.fr

 

Impériale

FEMME DE TÊTE, REINE DES ÉLÉGANCES

CD92/Willy Labre

 

Caroline Murat s’incarne cet été au cœur des collections et durant Les Grandes Heures de Sceaux.

Dans la saga impériale, le nom de Joachim Murat – militaire brillant, maréchal d’Empire et roi de Naples – est associé à celui de son épouse Caroline Bonaparte, sœur de Napoléon. En dépit des relations tendues, entre les deux beaux-frères puis avec sa propre famille, Caroline Murat exerce un rôle dans les arts et la culture à la hauteur de son rang. C’est sous son patronage que Les Grandes Heures de Sceaux, du 19 au 21 juin, mêlent l’histoire et la fête dans une évocation de l’Empire au féminin. Aux érudites conférences, accessibles à quiconque s’intéresse à l’époque, et aux nombreux ateliers, répondent des animations spectaculaires : reconstitution d’un bivouac napoléonien dans le parc, concert Musiques de femmes, musique de salons sous le Premier Empire, avec les musiciens de La Nouvelle Athènes, grand bal costumé et accessoirisé en l’honneur de Caroline dans l’Orangerie sous la conduite de l’association Carnets de bal. « Icône du raffinement et femme de tête », la future reine de Naples est également à l’honneur, du 5 juin au 26 juillet, au cœur des collections du parcours permanent avec, dans la salle de Neuilly, une mise en situation du mobilier de style Consulat qu’elle avait commandé pour le château neuilléen des Murat. 

domaine-de-sceaux.hauts-de-seine.fr

Exposition

ESPACE-TEMPS

© Kimihito Okuyama

 

Si le temps – le trajet irréversible de sa flèche autant que la mémoire qu’il anime – est souvent source d’inspiration, rares sont les artistes qui en font le matériau même de leur travail. Kimihito Okuyama (1946-2024) est de ceux-là : plasticien, poète, calligraphe, graveur, éditeur, il travaillait avec le temps plus encore qu’avec l’encre et les mots. Dans Les œuvres du temps, au musée Roybet-Fould de Courbevoie jusqu’au 1er novembre, l’écriture et le tracé du pinceau se rejoignent, la sensation du temps et les instruments de sa mesure se combinent dans des installations apaisées qui « rendent palpable le temps de présence à soi ». Comme dans l’esprit de ce haïku, paru sous le titre Toute une vie au printemps de sa mort : « Tout est là / Entre deux verbes / Venir – partir ». 

www.ville-courbevoie.fr

Photographie

HABITER LA VILLE

© Myr Muratet
 

La Galerie du CAUE 92 expose à Nanterre L’Appartement – Architectures du collectif jusqu’au 6 juin.

Les grands tirages couleur sont le fruit de la commande adressée au photographe Myr Muratet : documenter des appartements choisis dans cinq des « monuments habités » conçus à Nanterre Parc Nord par l’architecte Jacques Kalisz (1926-2002). Au sein d’une architecture de béton démesurée aux accents « brutalistes » – un style récemment mis en lumière par le film de Brady Corbet –, le photographe a mené une campagne au long cours pour saisir la variété des décors d’une intimité rarement observée, celle qui constitue le quotidien de l’habitat urbain. Comme en contrechamp, zoomant dans l’espace vital jusqu’à la vie domestique la plus ordinaire, la galerie expose pour la première fois en France la série de diptyques Ice Box de la photographe Tokuko Ushioda, un inventaire de réfrigérateurs en noir et blanc. L’exposition marque le lancement d’un projet documentaire, graphique et numérique : l’Atlas du logement collectif dans les Hauts-de-Seine (1945-2000)

www.caue92.fr

E-sport

ARÈNES ÉLECTRONIQUES

© DR

 

Sorti depuis plus de dix ans et présent sur à peu près toutes les plateformes, le jeu vidéo Rocket League – « mélange détonnant de football d’arcade et de chaos motorisé » – a ses compétitions, les Rocket Leagues Championship Series (RLCS), où s’affrontent en public des équipes internationales. Après le Boston Major qui s’est déroulé en février, le Paris Major a lieu du 22 au 24 mai à Paris La Défense Arena, le plus grand complexe événementiel d’Europe à l’équipement audio et vidéo à la hauteur du sujet. L’occasion de rappeler que la France est le premier marché mondial de ce tournoi électronique de football en salle animé par des autotamponneuses et que les spectaculaires championnats du monde 2025 ont eu lieu dans la banlieue de Lyon. 

www.parisladefense-arena.com

 

Vibrations

APACHES ÉLECTROS

© DR

 

Soirée fusion le 13 juin au festival Seine de Fête : une Rave-L Party avec Boléro survolté, images flash et DJ set, dans l’auditorium de La Seine Musicale.

Qui se souvient qu’au-delà des Indiens avec leurs flèches auxquels le western attribua le mauvais rôle, on appelait apaches, dans le Paris de la Belle Époque, malandrins, malfrats et mauvais garçons porteurs de surins… En un clin d’œil plutôt osé, une équipée artistiquement sauvage s’affuble alors du nom autour d’un Maurice Ravel de moins de 30 ans bien décidé à défendre des esthétiques nouvelles. C’est en hommage à ces apaches de naguère que le chef Julien Masmondet a fondé son orchestre de virtuoses affûtés, prompts à manier l’imagination pour bouleverser les codes de la musique dite classique. Autour d’œuvres réarrangées de Ravel – dont un Boléro Jazz – entremêlées dans une suite du jeune compositeur Fabien Cali, la Rave-L Party métamorphose à partir de 20 h l’auditorium en espace scénographié de danse et de transe, d’électro et de vidéo, baigné dans les images interactives en temps réels d’Alexandra R. Plus de deux heures d’expérience sonore et visuelle immersive, de la salle de concert classique à l’univers industriel des rythmes qui ont inspiré Ravel, jusqu’au live électro de fin de soirée animé par la DJ Tatyana Jane. 

www.laseinemusicale.com

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