SEPTEMBRE EN MUSIQUE

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À 57 ans, le Festival de l’Orangerie n’est pas près de prendre une retraite anticipée ! Au programme : seize concerts au Domaine départemental de Sceaux, du 10 au 27 septembre.
Fondé par le violoniste Alfred Loewenguth, désormais sous la direction artistique du pianiste Jean-François Heisser (que l’on retrouvera en récital le 26 septembre), le Festival de l’Orangerie de Sceaux n’est pas de ceux où l’on se montre en tenue de soirée mais un lieu où des générations d’amateurs décontractés de musique classique – tous niveaux bienvenus ! – croisent des générations de musiciens dans un esprit détendu de culture pour tous. Après une ouverture en forme de monument musical au château – les Variations Goldberg de Bach par le pianiste Geoffroy Couteau (10 septembre) – et un concert « en hommage à la duchesse de Berry » (12 septembre), écho à l’exposition aux Anciennes Écuries, les occasions de partage et de transmission de cette édition sont légion. Signalons entre autres une « folie d’Espagne », Danza ! El Fenix de Paris (25 septembre), chantée par la mezzo-soprano Isabelle Druet dans la compagnie baroque du Poème Harmonique de Vincent Dumestre ; ou le programme argentin Cello Tango autour de la violoncelliste Ophélie Gaillard et du bandonéoniste William Sabatier.
festivalorangerie.fr
MÉMOIRES JUDICIAIRES

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Les Archives départementales nous ouvrent un rayon méconnu de leurs « armoires » historiques : elles assurent la conservation de plusieurs fonds d’institutions judiciaires, depuis l’Ancien Régime jusqu’au très récent Pôle national des crimes sériels ou non élucidés – les fameux cold cases. Structurée en volets – le système judiciaire royal, la nouvelle organisation du XIXe siècle à 1958, les transformations depuis la création du département… –, l’exposition En quête de justice. Justice et justiciables dans les Hauts-de-Seine du XVIIe siècle à nos jours se tient jusqu’en juin 2027 aux Archives à Nanterre.
L’exposition se prolonge en ligne sur archives.hauts-de-seine.fr
PAYSAGES RETROUVÉS

© Albert Lebourg
Le musée d’Art et d’Histoire de Meudon ravive le souvenir du peintre Albert Lebourg (1849-1928), un impressionniste oublié, en une soixantaine d’œuvres visibles du 18 septembre au 21 février.
Détenteur d’une collection dédiée au paysage – la donation Grellety-Bosviel, constituée avec passion par un jeune amateur disparu il y a un peu plus de vingt ans – le musée meudonnais extrait de son fonds trois huiles sur toile d’Albert Lebourg, deux du Bas-Meudon et une du port de La Rochelle, et les complète avec des prêts nombreux sous le commissariat scientifique de François Lespinasse, spécialiste de l’École de Rouen dont relève le peintre. Et nous voilà, nous, béotiens, devant une jolie découverte ! Disons une redécouverte pour les Franciliens qui visitent le Musée d’Orsay, et les Normands, Nordistes ou Alsaciens qui fréquentent leurs musées des Beaux-Arts. Car cet « impressionniste oublié », emblématique de ceux qu’on a appelés « les petits maîtres » sans qui l’histoire de l’art serait bien décharnée, fut, à la quatrième exposition impressionniste de 1879 voisin de cimaise de Caillebotte, Pissarro, Monet… Il voyage dans le paysage français, sur les rivages ou sous le soleil colonial, aime les cathédrales et la neige. Dans ses plus belles réussites, son pinceau moelleux au service du ciel et de la lumière vaut bien quelques brosses de gloires plus grandes que la sienne.
musee.meudon.fr
UN HOMME DE CULTURE

© André Malraux
L’exposition De Malraux à Malraux – les 50 ans de la disparition d’André Malraux (1901-1976) célèbre, du 19 septembre au 27 juin, l’écrivain, le politique, l’homme de culture en vingt images fortes dans les allées du parc départemental qui porte son nom et dont il fut l’initiateur au sein d’un grand projet culturel des années 1960. Gratuite, labellisée par la commission nationale chargée du cinquantenaire, elle fait également écho aux manifestations liées au bicentenaire de la photographie : André Malraux, résistant, prix Goncourt, premier détenteur du portefeuille de ministre des Affaires culturelles sous la présidence de Charles de Gaulle, était un homme de son temps dont la pensée et l’œuvre ne négligeaient pas l’importance de l’image.
www.hauts-de-seine.fr/exposition-de-malraux-a-malraux
maisondesarts.malakoff.fr
ESPACES INVISIBLES

© Géraldine Aresteanu
Près d’un an après l’ouverture du nouveau Théâtre des Amandiers de Nanterre, nous sommes invités à pactiser avec les fantômes qui hantent ses plateaux depuis 50 ans au cours de moments de théâtre pas tout à fait comme les autres.
L’idée, née la saison dernière, a eu tant de succès qu’elle est prolongée cette année. Une façon de pénétrer au cœur du réacteur, imaginée par le jeune écrivain, dramaturge et metteur en scène Noham Selcer ; guidés par des comédiennes et comédiens, nous déambulons dans les espaces qui sont généralement refusés : coulisses, loges, dessous de scène, machinerie et nous y croisons des fantômes des Amandiers – bienveillants et bien vivants. Évidemment Patrice Chéreau qui répète un texte de Bernard-Marie Koltès tout là-haut, sur le grill d’où pendent poulies et câbles. Jane Birkin marivaude en fausse suivante, Anna Petrovna reçoit chez elle ce fou de Platonov. Et puis, il y a le murmure des amandiers en fleur dans la voix du poète Mahmoud Darwich… Cinq fantômes des Amandiers, ce ne sont pas seulement les ombres du passé, les directeurs et les acteurs, mais aussi le théâtre d’aujourd’hui, demain des spectateurs peut-être clandestins cachés sous la grande scène… Trois séries de représentations le 17 octobre (puis le 14 novembre et le 5 décembre). En attendant, ouverture le 23 septembre de la saison avec L’hors-présence, ou Chimères du pays de Morsan, de Tiphaine Raffier, créée cet été au Festival d’Avignon.
www.nanterre-amandiers.com
PROMOTION BARTÓK

© Patrick Philippo
Dixième promotion déjà de l’Académie musicale fondée par Philippe Jaroussky à La Seine Musicale : la liste des parrains, de Mozart à Bartók, raconterait assez bien l’histoire de la musique dite classique. D’autant que l’initiative est précieuse par les temps qui courent : la démocratisation de « l’accès à la musique classique en accueillant des jeunes en situation d’éloignement culturel à travers un enseignement original, soutenu et exigeant » pour les Jeunes Apprentis allant de pair avec un programme d’insertion professionnelle pour les Jeunes Talents. Le concert de lancement de saison, le 24 septembre dans l’auditorium Patrick-Devedjian, réunit ceux-ci et la deuxième équipe des mentors, en place depuis 2022, avec en invitée Sarah Nemtanu, violon solo de l’Orchestre de Paris.
www.laseinemusicale.com
LOVE STORY

Anonyme, d’après Jacques-Louis David (1748-1825), Madame Récamier, vers 1800.
© Maison de Chateaubriand – Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups – Studio Sébert
La Maison de Chateaubriand, au Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups à Châtenay-Malabry, met en scène à partir du 2 octobre et jusqu’à la fin de l’été prochain la relation sentimentale et littéraire entre l’hôte des lieux et la brillante Madame Récamier.
René et Juliette… Toutes les histoires d’amour ne finissent pas mal, la preuve avec celle, complexe, entre François-René de Chateaubriand (1768-1848) et Juliette Récamier (1777-1849), née Julie Bernard à Lyon, épouse à 15 ans – platonique et « de convenance » – du banquier Jacques Récamier. Chez l’écrivain romantique, les amours passaient par l’encre de la plume. Juliette Récamier fut l’objet – le sujet, le complément – de celles-ci tout au long d’une phrase quasi ininterrompue, traversée de ruptures de ton et s’acheminant, dans des délices de style, jusqu’au point de suspension final. Juliette, d’abord et avec toutes les précautions de regard qu’impose notre époque, était belle. En témoignent, entre autres peintres et dessinateurs, Gérard et David, dont une copie du fameux portrait ainsi que la non moins fameuse méridienne font partie de la soixantaine de pièces réunies. Juliette, surtout, était brillante, qui tenait salon et correspondance littéraires. L’exposition Chateaubriand et Juliette Récamier. Mon dernier rêve étant pour vous se construit, de la passion des débuts à la tendre fidélité de l’âge mûr, au fil de deux plumes qui écrivent leur histoire d’amour autant qu’ils la vivent.
vallee-aux-loups.hauts-de-seine.fr
BEETHOVEN HÉROÏQUE

© Sam Brewer
Insula orchestra, fondé par Laurence Equilbey avec le soutien du Département et en résidence à La Seine Musicale, a redoublé de force sur certains projets avec la création l’année dernière d’Insula camerata, une académie d’orchestre internationale sur instruments d’époque, pour jeunes musiciens en début de carrière issus des conservatoires supérieurs et hautes écoles de musique. En ouverture de saison (25 et 26 septembre à l’auditorium de La Seine Musicale) et à double orchestre – c’est-à-dire dans une configuration sonore chère au XIXe siècle qui aimait bien, si l’on ose dire, le « gros son » – un double Beethoven intense et subtil : le Concerto pour piano n° 5 dit L’Empereur, avec David Fray en soliste, et la Symphonie n° 3 dite Héroïque.
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LE TEMPS FORT DU PATRIMOINE

CD92/Willy Labre
Rendez-vous des amateurs et des curieux : les Journées européennes du patrimoine, 43e édition le week-end des 19 et 20 septembre.
Cette année, la manifestation affiche deux thèmes apparemment indépendants : Patrimoine de la photographie et Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer… Le Département s’est emparé du premier avec l’exposition en plein air Deux siècles d’images, au Domaine de Sceaux et au parc des Chanteraines comme avec le festival photographique Mondes en commun au musée Albert-Kahn (jusqu’au 20 septembre). Le second se devine ici ou là, mais peu importe finalement le thème, car c’est l’ivresse de la visite et de la découverte qui compte. À commencer par les lieux où l’on se précipite parce qu’ils ne sont pas ouverts dans la vie ordinaire. Ainsi la chapelle, la tour Velléda et – nouveauté 2026 – la glacière du Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups ; la Maison de Chateaubriand révélera également quelques secrets des métiers de conservation et de restauration des œuvres. Avant de vous laisser explorer le catalogue des activités sur le site du Département, un dernier coup de projecteur sur les activités ludiques en famille : jeu-enquête « Qui a saboté le voyage d’Albert-Kahn ? », escape game aux Archives départementales – qui ouvrent exceptionnellement certains de ses espaces réservés – grand jeu d’initiation au JAD…